Le guide complet 2020 de l'investisseur suisse débutant | Introduction

Olivia & Emily

Le stéréotype de l'investisseur suisse a changé. Ce n'est plus forcément un gars en costume bien taillé qui s'y connaît grâce à son job dans la finance à Genève ou Zürich. Avec l'avénement d'internet et de l'accès à l'information, les investisseurs viennent maintenant de tous les domaines d'activité, de toutes les tranches d'âge, et de toutes les zones géographiques (y compris les campagnes vaudoises et appenzelloises !).

Bien qu'on soit différent de part nos styles de vie et qu'on parle une langue différente de chaque côté du Röstigraben, on se ressemble tous au fond. On veut tous voir notre argent fructifier, on craint tous la prochaine crise, et on passe tous par les mêmes erreurs (comme de penser que telle action est vraiment un bon plan).

En discutant avec bon nombre de lecteurs s'intéressant à la finance personnelle depuis le lancement du blog en 2014, je me suis rendu compte que je pouvais associer chacun d'entre eux avec l'un des deux stéréotypes suivants : le visionnaire et le factuel.

Appellons-les Olivia et Emily.

Deux personnes différentes, mais aux aspirations de liberté semblables

Au départ, toutes deux au début de leur vingtaine, elles se ressemblent passablement.

Olivia m'écrivait : "Je veux être maître de mon temps et avoir le luxe de faire ce qui me passionne sans me sentir contraint par l'argent. De plus, quand j'aurai des enfants, je veux pouvoir passer du temps avec eux quand je le souhaite (c'est un peu de planification à l'avance, mais si tu ne planifies pas, tu prévois d'échouer en fait !). Me créer des options, c'est pour ça que je veux commencer à investir."

De son côté, Emily m'expliquait : "Je veux commencer à investir car je souhaite atteindre l’indépendance financière le plus vite possible, maximum d'ici 10 ans. Mon but est de pouvoir utiliser mon temps pour monter un business perso sans me soucier d’avoir de quoi payer mes factures/me loger, ni vivre sous la pression de la performance immédiate de la génération de cashflow. Le business en question est plutôt créatif, donc j’ai besoin d’avoir la tête claire de toute pression pour 'produire'. Pour résumé, je veux ne plus travailler pour vivre mais travailler sur des sujets qui me rendent heureuse."

Quand je leurs ai demandées les raisons de "pourquoi" elles ne commençaient pas à investir du coup, voici leurs retours respectifs :

  • "Investir en bourse, c'est du chinois pour moi. Et j'en ai une vision assez négative. Ca me semble hors de mon contrôle, parce que pour maîtriser il faut s'y connaître. Et pour s'y connaître, ben faut trouver les bonnes informations. Et justement, il y a beaucoup trop d’informations sur internet et je ne sais plus où donner de la tête. C'est pas comme si j'avais aussi un job à 100% à côté..." (Olivia)
  • "Je sais économiser mon argent, mais je ne sais pas comment le gérer intelligemment après. Parce que le garder sur un compte en banque (avec leurs taux ridicules) ou sous le matelas ne sont pas les meilleures solutions, n'est-ce pas ;)" (Emily)

10 ans après

Comme on disait avant, mêmes souhaits et mêmes blocages. Ce qui les différencie, c'est à quoi ressemble leur vie dix ans après.

Olivia Emily
Pense 30min/jour à ses investissements Consacre 30min/trimestre à ses investissements
Stressée quand entend le mot "bourse" Zen quand entend le mot "bourse"
Fortune : CHF 121'400 Fortune : CHF 212'890

Dix ans après, Olivia pense environ 30 minutes par jour à ses choix d'investissements. Dès qu'elle entend le mot "bourse" à la TV ou dans une discussion entre amis, elle sent un certain stress qui monte. Sa fortune se monte à CHF 121'400, dont CHF 2'000 investis en or. Le reste est sur un compte épargne.

De son côté, Emily ne consacre que 30 minutes par trimestre à ses investissements. Elle est complètement zen s'il lui arrive d'entendre le mot "bourse" au Téléjournal quand elle passe voir sa grand-mère. La valeur de son compte d'investissement se monte à CHF 212'890.

Comment ont-elles pu se évoluer si différemment en une décennie ? Pour répondre à cette question, retournons un peu en arrière...

10 ans plus tôt...

Olivia est sur son natel dans son canapé. Elle ne peut s'empêcher de ressasser la discussion qu'elle a eu le midi avec ses collègues au bureau. John, son chef d'équipe, expliquait que toutes les personnes riches dans son entourage étaient des investisseurs. Il expliquait qu'il avait justement eu écho d'une startup suisse active dans la MedTech (i.e. la technologie médical) qui venait de faire son entrée en bourse. Et qu'il ne fallait pas rater ça.

Olivia y vu un signe.

Elle avait toujours entendu son père dire qu'il fallait investir pour voir son argent fructifier. Elle avait commencé à verser CHF 100 par mois sur un compte d'investissement à la banque cantonale pour se faire la main. Elle était fière de s'être lancée car bien que ça ne rapportait pas tant, elle recevait quand même quelques dizaines de francs par année en dividendes sans rien faire.

"Ca serait peut-être le bon moment que je me lance moi-même pour de bon..." se dit-elle. Elle décide de faire des recherches sur Google ce soir-là.

Elle lit tout ce qu'elle trouve sur cette fameuse startup MedTech et sur ce qu'est un courtier en ligne. Elle calcule ensuite combien elle pourrait mettre de côté par mois en sus de des CHF 100 sans devoir changer son niveau de vie non plus. Une fois tout ça posé par écrit sur son bloc-notes, elle se sent confiante. Elle a enfin un plan d'action.

Elle décide de se lancer et ouvre son compte de courtage en ligne le lendemain.

L'excitation du passage à l'action...

Olivia ne perd pas de temps et dès que son compte d'investissement est ouvert, elle y transfère CHF 10'000. Elle s'est décidé à placer CHF 7'500 dans la fameuse startup. Pour les CHF 2'500 restants, elle a choisi de les investir dans Nestlé après avoir vu dans le journal Le Temps que la société devrait continuer de plus belle cette année encore avec le marché asiatique qui prospérait.

Comme elle ne veut pas perdre d'argent, Olivia s'impose la discipline de suivre l'évolution de la bourse chaque matin. Les premiers mois, la pépite MedTech va bien car ses produits commencent à se vendre aux Etats-Unis comme prévu. Par contre, Nestlé est en-dessous des résultats trimestriels annoncés en raison des changements de gouvernement chinois qui ont eu lieu deux semaines après que Olivia se soit lancée. Le cours de l'action a perdu 6% et Olivia commence à être anxieuse. Elle suite les sites de l'Agefi et de la RTS le midi et le soir pour se tenir au courant avant de décider quoi faire.

3 ans plus tard...

Olivia est de plus en plus stressée par les mouvements de la bourse. La valeur de ses actions ne vaut plus que CHF 35'000, alors qu'elle y a investi CHF 43'200.

Nestlé a gentiment repris du poil de la bête en revenant à flots comparé à sa valeur initiale lorsqu'Olivia a commencé à investir. Mais c'est la startup MedTech qui lui cause le plus de soucis. Elle a revendu au dernier trimestre toutes ses actions à CHF 5.90 suite aux recommandations de son manager John qui connaît bien le domaine. Puis elle en a racheté le double la semaine d'après à CHF 4.92.

"Quel coup de maître !" s'est-elle félicitée.

Sauf que deux semaines après, la crise du coronavirus frappe l'économie mondiale de plein fouet. Tous les capitaux se ruent vers des grosses boîtes pharmaceutiques en espérant tomber sur le gros lot avec celle qui trouvera le vaccin. Sa startup MedTech ne s'en relève pas et fait faillite. Heureusement, elle a pu revendre ses actions juste avant, mais à moins de CHF 1/action...

Elle sort aussi toutes ses économies de Nestlé avant que ça ne s'empire.

Olivia se rend à l'évidence qu'elle n'a pas les compétences pour trouver les bonnes pépites (ni son manager John d'ailleurs). Elle y aura quand même laisser plus de trois quart de ses économies.

Le dimanche suivant, elle fait part de ses mésaventures à son père. Ce dernier est assez compréhensif car il a fait les mêmes erreurs dans sa jeunesse. Il lui explique qu'il n'investi maintenant qu'un ou deux dixième de toutes ses économies via les conseils de son banquier, Jacques, qui lui s'y connaît. Et le reste il le garde sur son compte épargne car c'est plus sûr.

Sur le pas de porte en lui disant au revoir, son père lui propose de la mettre en contact avec Jacques afin que ce dernier gère ses investissements comme il le fait avec lui.

Deux mois s'écoulent quand Olivia se retrouve une n-ième fois les yeux rivés sur son e-banking à lorgner sur les maigres économies qui lui reste.
Elle ne peut s'empêcher de se dire que ce Jacques, employé de sa banque cantonale depuis toujours, est un peu vieux jeu. En tout cas c'est l'image qu'elle en avait quand elle entendait son père lui parler de stratégies conservatrices, et de ne pas mettre ses oeufs dans le même panier.

Elle se met donc à rechercher sur le net une institution financière qui pourrait l'accompagner. Au fur et à mesure de ses pérégrinations, une pub de SC (l'une des deux grosses banques suisses) attire son attention grâce à son marketing bien fichu qui répond aux peurs de Olivia. En plus elle peut prendre rendez-vous en ligne jusqu'à 20h.

"Enfin une banque qui comprend mon emploi du temps !" se dit-elle.

Le rendez-vous en ligne est pris pour le lendemain. Le conseiller est assez jeune. Elle se sent en confiance. Il lui explique l'importance de diversifier ses avoirs avec des chiffres à l'appui. Il lui propose un portefeuille de 7 fonds SC tous gérés par la banque en Suisse.

Il continue : "La bourse est quelque chose de très volatile donc nous nous efforçons d'engager les meilleurs analystes de la place pour avoir des fonds qui soient toujours à jour de ce qui se passe dans le monde."

Olivia est convaincu. Elle prend rendez-vous en agence pour finaliser la signature des contrats le lendemain.

Le rendez-vous qui fait mal

Ca fait maintenant trois ans que Olivia a confié la gestion de ses économies à SC. Comme chaque année, elle a rendez-vous courant février avec son conseiller à l'agence de Lausanne pour faire un point de situation. Jusqu'ici, elle en était toujours ressortie avec le sourire puisqu'elle générait du rendement, certes modéré, qui correspondait à son profil de risque. Et surtout, qui ne l'empêchait plus de dormir et ne nécessitait plus un suivi constant de la bourse.

Sauf que ce matin-là, son conseiller a le regard sombre dans son costume. Il lui annonce que la bourse a subit une baisse significative, mais qu'il faut encore attendre avant de sortir. Olivia ressent la même boule au ventre que plusieurs années plus tôt quand sa startup MedTech avait fait faillite.

Même s'il est triste pour Olivia, le banquier reste content car il pourra se payer sa Porsche avec ses bonus de fin d'année (merci les frais des fonds SC !)

En rentrant chez elle, elle se met à éplucher son rapport de portefeuille. C'est la première fois qu'elle le regarde en détails car avant, tout allait bien...

Elle découvre avec stupeur tous les frais imputés par la banque SC et ses fonds. Elle sort sa calculatrice se rend compte que sans ses derniers, elle serait à +0.02% de performance. Et non pas à -2.6%. Elle a l'impression de s'être fait piégée car elle aurait gagner plus en laissant ça sur son compte épargne...

Pour ne pas se faire avoir par les belles paroles de son banquier, elle décide de lui envoyer un ordre de transactions par email :

Cher M. Henri, je vous serai gré de bien vouloir revendre tous mes fonds SC et de transférer l'argent de la revente sur mon compte épargne. Ensuite, je souhaiterais placer CHF 2'000 de cet épargne dans de l'or. Je vous remercie pour votre compréhension. Olivia

Elle se jure ensuite de ne plus jamais rien acheter en bourse.

Emily suit une toute autre approche...

Emily a aussi discuté avec un groupe d'amis que tous les gens à l'aise financièrement dans son entourage investissaient, mais comparé à Olivia, elle prend une approche factuelle plutôt que visionnaire. Elle sait que les millionaires du jour au lendemain durant la bulle "dotcom", ceux que tout le monde pensait visionnaires, furent ceux qui n'avaient plus rien le surlendemain.

L'accès aux informations économiques était auparavant réservé à la caste financière. Et à moins d'avoir quelques millions en banque, l'investisseur particulier qu'est Emily n'y avait pas accès. Sauf que le monde a changé...

Avec l'arrivée d'internet, toute cette information est maintenant accessible au commun des mortels. La plupart des informations boursières sont disponibles sur des sites comme Yahoo Finance ou Seeking Alpha. De nombreux blogs de qualité et forums sont là pour aider les néophytes. Les lettres annuelles de Warren Buffet sont partagées sur les réseaux sociaux. Des communautés se forment autour des investisseurs célèbres tels Jack Bogle, fondateur du groupe Vanguard. Et c'est sans parler des livres de vulgarisation financière que tout un chacun peut acheter sur son Kindle via Amazon.

En plus de ça, l'accès aux bourses est aussi grandement facilité. Il est aujourd'hui possible d'investir dès CHF 1 en deux ou trois clics sur sa tablette depuis le fond de son canapé.

Grâce à la digitalisation, les coûts se sont réduits à tous les niveaux. Idem en terme de construction de portefeuille, un seul pot d'actions achetable en bourse (qu'on appelle ETF pour "Exchange Traded Fund" dans le milieu financier) suffit pour être assez diversifié.

Emily tombe sur quelque chose d'intéressant alors qu'elle est dans l'ICN pour Zürich pour un rendez-vous professionnel. Un blog américain de finance personnelle mentionne Standard & Poor's : "Après 10 ans, 85% des fonds de grande capitalisation activement gérés ont sous-performé le S&P500, et après 15 ans, près de 92 % sont à la traîne derrière l'indice. Et ce, même en incluant les années de crise comme 2008-2009 qui devaient être celles où les gestionnaires actifs battraient les indices.". Même Warren Buffet semble confirmer ces propos selon une interview sur CNBC: "Un fonds à faible coût est le placement en actions le plus judicieux pour la grande majorité des investisseurs. Mon mentor, Benjamin Graham, a pris ce parti il y a de nombreuses années, et tout ce que j'ai vu depuis me convainc qu'il avait raison.

"Eurêka !" s'exclame-t-elle intérieurement. Investir de manière complexe n'assure pas le succès. Au contraire, c'est investir de manière simple qui semble gagner chaque fois !

Simplicité et passivité sont les clés de l'investisseur à succès, mais sans trop de frais s'il te plaît !

Emily sait que de nos jours toutes les chaînes d'infos et le marketing des institutions financières tentent d'attirer l'attention des investisseurs. Et ce, pour se remplir les poches. Pas les siennes.

Et c'est ça qui est le plus difficile en tant qu'investisseur au final : ne pas croire que la richesse vient du jour au lendemain, qui plus est gratuitement. Car toutes les données montrent que cela est impossible. Il ne faut donc pas se laisser appâter par ces tentations vaines.

La seule stratégie qui a fait ses preuves jusqu'à ce jour, et ce pour nous les investisseurs suisses lambda (i.e. qui n'ont pas de Master ni de doctorat en finance), est la suivante :

Commencer aujourd'hui
Vision long terme (10-15+ années)
Acheter et conserver sans revendre
Diversifier via des fonds
Limiter les coûts au maximum via des fonds indiciels
Investir régulièrement (mensuellement ou trimestriellement)
Stratégie de croissance vs. dividendes (à cause de la fiscalité suisse)
Comprendre dans quoi tu investis

Comparé à Olivia qui suit son instinct selon les discussions qu'elle entend, Emily se définit une stratégie d'investissement basée sur des données historiques validées par les plus grands investisseurs de notre ère tels Warren Buffet et Benjamin Graham.

6 ans plus tard, Emily a vu son portefeuille croître régulièrement. Il a bien sûr été très volatile durant la dernière crise avec des -40%. Mais Emily, fidèle à sa stratégie factuelle n'en a pas fait fi. Elle a conservé ses investissements, pour le meilleur les années qui suivirent.

Son rêve d'indépendance financière se rapproche à grand pas. Toutes les soirées qu'elle ne passe pas à surveiller et s'occuper de son portefeuille d'investissements, elle les passent à mettre en place son business créatif qu'il lui tient tant à coeur.

Conclusion

La différence entre Olivia et Emily n'est pas une différence de compétences particulières en finance, mais une différence d'état d'esprit.

C'est comme ça que je me représente le cerveau de chacune de nos héroïnes — qui ressemble aussi à leurs visions respectives de la bourse...

Olivia se conduit comme une visionnaire conservatrice. Visionnaire car son mix de biais attentionnel et de supériorité illusoire la pousse à acheter ce dont elle entend parler, en pensant qu'elle sera la seule à voir un potentiel dans une opportunité, comme sa startup MedTech. Et conservatrice en même temps car sa peur de la perte lui fera tout revendre au pire moment.

Emily, de son côté, agit comme quelqu'un de factuel qui connaît ses propres biais.

L'investisseur factuel est aussi souvent connu sous le nom d'investisseur ennuyeux (pour lui et pour les autres).

Elle est guidée par des données concrètes et statistiquement éprouvées. Une fois qu'elle a suffisamment d'informations convergentes et confirmées par des autorités du domaine de la finance, elle établit une stratégie dont elle ne dévie plus.

La plupart des investisseurs débutent comme une Olivia et finissent par devenir une Emily.

J'ai aussi été une Olivia, en version visionnaire attentiste. J'ai aussi vu le cours de l'action Apple à 30 USD passer au-dessus des 90USD entre 2009 et 2012, et me suis dit que je devrais me lancer car pour sûr ça allait encore monter au-dessus des 100 USD un jour. Sauf que je ne suis jamais passé à l'action (le cours d'Apple est en 2020 à 245 USD en pleine crise du coronavirus).

Idem avec le bitcoin où je pensais que c'était le futur. J'ai attendu et attendu. "Quoi ?" me demandes-tu. Le bon moment évidemment ! Sauf que là je me suis lancé, mais au pire moment, c'est à dire en haut d'un pic avant que ça retombe.

Ca m'a pris environ six ans pour passer de Olivia à Emily, et il n'y a pas eu de retour en arrière depuis. Enfin presque (cf. ma récente experimentation en prêts P2P), car je reste humain avec mes biais.

Reconnaître consciemment qu'on est son propre pire ennemi est la clé du succès sur le long terme en tant qu'investisseur.

On a tous le choix

Si tu te comportes telle une Olivia, alors tu as un choix à faire : pillule rouge ou pillule bleue ?

Tu prends la pilule bleue, l'histoire se termine. Tu te réveilles dans ton lit et tu crois ce que tu veux croire. Tu prends la pilule rouge, tu restes au pays des merveilles, et je te montre la profondeur du terrier du lapin. Souviens-toi : tout ce que j'offre, c'est la vérité. Rien de plus.Morpheus, Matrix

Prochaine étape

Olivia, et non Emily, est l'héroïne de notre histoire. Clique sur le bouton ci-dessous pour lire la transformation d'Olivia d'investisseuse visionnaire en investisseuse factuelle, ennuyeuse, et à succès.


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