Bon ben, ça y est, j’ai envoyé ma lettre de démission.
Je suis FI. Je suis Financièrement Indépendant.
Wow, c’est bizarre de l’écrire. Surtout ici, sur ce blog où tout a commencé.
Je ne sais pas quel smiley mettre en fin de phrase tellement je suis déboussolé. Voilà pour toi du coup: 🤯 🥳 😱 🙈 🥵 🤑 😃
Laisse-moi te raconter comment se sont passés les 9 derniers jours… ça n’a pas été un long fleuve tranquille…
Pourquoi maintenant? Les chiffres passent, et la marge d’erreur
Ceux qui soutiennent le blog le savent déjà depuis quelques semaines, on a atteint l’indépendance financière en septembre dernier.
Et là, je te parle bien d’indépendance financière en pratique, pas en théorie.
Pour rappel, CHF 2'156'000 était notre objectif FI depuis qu’on avait fait valider ça chez un conseiller financier indépendant. Et ça impliquait qu’on revende tout bien immobilier (notre chez-nous inclus) afin que toute notre fortune soit liquide, et donc utilisable pour financer notre train de vie.
Sauf que, y’a quelques années déjà, plus on approchait de notre date FI, plus on savait qu’on n’allait pas vouloir vendre notre chez-nous. Ni nos investissements locatifs qui nous rapportent du cashflow chaque mois sous forme de loyers.
À la même époque environ, les choses se sont bien goupillées, puisqu’on a décidé de créer FI Planner (un outil de planification FI pour la Suisse) avec mon cofondateur Patrik.
Ça m’a donc permis de voir qu’il nous faudrait plutôt CHF 2'550'000 de fortune nette si on voulait pouvoir conserver nos biens immobiliers, tout en ayant assez de liquidités pour être FI.
Et, mathématiquement, on a atteint ce seuil au mois de septembre dernier. Les fameux 100%, pour ceux qui avaient lu l’épisode précédent à 90%. Je dis mathématiquement parce que psychologiquement, c’est pas aussi simple…
En image, la page de résultats de FI Planner, ça donne ça:

Notre simulation FI Planner, avec la fortune nette en rouge et les liquidités en bleu, jusqu'au bout en mode die with zero
Quelques notes concernant ce graphique:
- Mme MP ne se sent pas encore prête psychologiquement à arrêter de bosser, car il faut qu’elle travaille sur son mode de vie post-FI. Du coup on a fait tourner la simulation pour que moi j’arrête maintenant, et elle le plus vite possible ensuite (ce qui donne dans 1-3 ans environ)
- On garde tous nos biens immobiliers dans ce scénario. Si on venait vraiment à manquer d’argent, on pourrait en revendre un ou plusieurs pour combler le trou. C’est une vraie option (en tout cas pour les immeubles locatifs), avant même les revenus du blog
- FI Planner part du principe que je ne gagne plus aucun revenu de mon côté, ce qui n’est pas réaliste (car les activités liées au blog me rapportent du cashflow)
- On finit par “mourir avec CHF 0”, car la simulation est optimisée au maximum
Et c’est ce dernier point qui nous a fait partir dans des discussions profondes avec Mme MP.
Parce qu’effectivement, les chiffres disaient oui. Mais fallait-il encore prendre la décision…
Le week-end où on a décidé de débrancher la prise
Durant ce week-end d’octobre, on avait du temps et peu de choses prévues.
J’ai donc ressorti la page de résultats de FI Planner, afin d’en discuter de vive voix (et pas entre deux portes) avec Mme MP.
En gros, la question qui revenait c’était:
Il te faut quoi de plus [Marc] pour oser te lancer [dans l’indépendance financière], et démissionner maintenant?
C’est marrant, parce que j’ai planifié tout ça dans mon YNAB, sur le blog, dans mon livre, mais quand t’arrives au moment fatidique, bah c’est tout de suite moins facile de te dire “Trop cool, allez c’est parti, je démissionne et à moi la décision de faire ce que je veux de chacune de mes journées!”
Le point le plus chaud était ce fameux “Die with zero” comme on l’appelle avec Patrik. Autrement dit, tous tes calculs sont optimisés pour que quand tu meurs, tu aies consommé toute ta fortune (ce qui te permet de partir le plus tôt possible en retraite anticipée).
Du coup, bah ce week-end-là, je me suis demandé:
- Et si on dépense plus que notre prévision de CHF 80'000-100'000 par an?
- Et si la bulle IA explose le lendemain de la remise de ma lettre de démission?! Et qu’on perd 40% de notre fortune nette en une nuit… arghhhh!
- Et si l’un de nos enfants décide de faire 27 années d’études de médecine, qui plus est dans une université en Nouvelle-Zélande qui coûte un bras?
- Et si je meurs à 95 ans au lieu de la moyenne saisie dans FI Planner, c’est-à-dire avant 90 ans (oh mon Dieu, c’est jeune je trouve!)…
- Et si, et si, et si… et ça pendant des heures…
Et puis, je me suis quand même forcé à accepter le fait que l’activité accessoire du blog rapporte de l’argent. Ce qui me permettrait de construire de la marge en sus des CHF 2'550'000 afin de pouvoir dormir sur nos deux oreilles.
En plus je me suis dit: “Bon mon gars, pas de pression, mais t’as quand même écrit un livre qui dit que tu seras libre à 40 ans. Et tes 40 ans arrivent bientôt donc…”
Le dimanche matin, j’ai donc pris la décision que le risque de manquer d’argent était réel, mais mesuré. D’abord grâce à notre muscle de frugalité, qu’on peut flexer au besoin une année où la bourse dévisse. Ensuite parce qu’on peut revendre un ou plusieurs de nos immeubles locatifs si vraiment ça coince. Puis on a aussi les revenus de l’activité du blog. Et au pire du pire, je retrouverais un job, ou un temps partiel comme Florence après avoir quitté Google. Mais ça, c’est la dernière option pour moi.
Bref, on était mi-octobre, et j’avais pris ma décision. J’allais bientôt démissionner. Et Mme MP me soutenait là-dedans (elle est d’ailleurs plus en mode “Bon allez, on a fait le tour de toutes les questions, on va pas y repasser 4h pour avoir les mêmes réponses!” :D)
Et pour laisser redescendre tout ça, je suis allé me balader en forêt. Seul, sans podcast, juste mes pieds et ma tête qui tournait encore un peu.

Et hop, un p'tit tour en forêt pour laisser redescendre tout ça après cette grande prise de décision (crédit photo: Atelier Picsel.ch)
Histoire de me rassurer quand même, j’ai lancé quelques autres simulations FI Planner ce soir-là, en ajoutant plusieurs dizaines de milliers de francs de revenus du blog sur l’année suivante et celle d’après. Le but, c’était de voir si, au cas où l’IA tuait mon blog dans les 5-10 ans, ça me laissait encore le temps de construire la marge souhaitée. Et oui, ça passait.
Je me suis couché le dimanche soir en étant content d’avoir pris la décision.
Très content.
Puis, j’ai commencé à me demander si je donnais ma démission plutôt fin octobre, ou bien si j’attendais quand même la fin d’année comme ça je bouclais une année civile, et aussi pour les impôts c’était plus carré, et toute autre sorte d’excuses pour trouver une logique à ce que je repousse un peu cette décision fatidique…
Lundi: la vraie décision prise, et le premier coup de fil
Y’a toujours ces signes du destin, tu sais pas trop si t’y crois ou pas. T’y crois plutôt pas, parce que quand même t’as un esprit scientifique et rationnel.
Mais là, je sais pas, ça me fait douter. Mais bref on s’en fout.
En gros, j’arrive au boulot avec un grand sourire pour débuter la journée, car je sais que la seule décision que je dois encore prendre c’est “quand” je vais envoyer ma lettre de démission. Et pas “si”.
Puis, vers 11h du matin, je vais dans une réunion hebdomadaire à propos d’un projet clé pour l’entreprise où je travaille. Et on nous annonce un nouveau planning…
Ce nouveau planning fait que y’aura beaucoup d’impact si je donne ma lettre de démission maintenant ou dans 3-6 mois… Sachant que j’aime être intègre au job, et pas planter mes collègues (en mode “Bon allez, salut hein, moi je suis FI, débrouillez-vous avec votre beau bordel!”), ça m’a mis un coup de pression…
Surtout que, et on y reviendra plus tard, mon équipe est l’une des choses qui fait que j’adorais mon job, comparé à mes précédents boulots.
Tout s’est donc accéléré ce jour-là. C’était soit je me décidais et je remettais ma lettre de démission pour fin octobre, soit ça repoussait tout mon projet FI de plusieurs mois…
Arrivé à la maison, j’ai dit à Mme MP qu’il fallait qu’on parle…
Elle a un peu flippé haha, mais a vite compris qu’elle allait devoir me coacher pour prendre une sacrée décision, pour de vrai cette fois.
Je te passe les 1h30 de discussion intense qu’on a eues, pour arriver à la conclusion que le timing était serré, mais jouable.
La décision était donc prise: j’allais démissionner dans moins de 2 semaines…
Mais il fallait que j’informe mon manager. Genre, ce même lundi soir, si je voulais pouvoir démissionner pour fin octobre… Parce que ce dernier était lié au projet clé et avait aussi un avis éclairé qui allait bien m’aider pour la suite des événements.
Mon cerveau était en ébullition. Je sais pas comment le décrire, mais tu sais quand tu te retrouves dans une situation super stressante, que t’as l’impression de jouer ta vie, et que ton cerveau passe en mode alerte, “fight, flight or freeze”…
J’ai pris un bon quart d’heure pour redescendre après avoir terminé de discuter avec Mme MP.
Puis j’ai commencé à réfléchir à comment j’allais lui annoncer [à mon manager]. J’étais encore plus stressé qu’à mon entretien d’embauche dans cette boîte!
Puis, vers 18-19h, je l’ai appelé. En mode pilote automatique. On a passé environ 20-30 minutes au téléphone. Il était bien déçu, mais comprenait et respectait mon choix.
Puis j’ai raccroché, et là, tout le poids que j’avais est tombé de mes épaules d’un coup.
Ça y est, je reprenais gentiment le volant de mon cerveau. Je l’avais annoncé une première fois. J’allais être FI. J’allais démissionner à la fin du mois. J’allais ne plus recevoir de salaire dans 3 mois, aussi…
Mais j’étais monstre soulagé.
Par contre, il restait l’étape la plus critique: l’annoncer à ma boss le lendemain…
Mais il était déjà l’heure de souper. J’ai donc rejoint les enfants et Mme MP pour nous mettre à table. Et là, pendant le repas, mon cerveau s’est remis en mode “survie” avec des dizaines de questions: “Mais qu’est-ce que je viens de faire? et si ceci? et si cela? etc…”
Autant te dire que ce ne fut pas le repas où j’ai été le plus présent…
Ensuite, petite douche (avec le cerveau qui continue de tourner), et puis je tente d’aller me coucher. Ça cogite, mais je réussis à m’endormir pour une bonne nuit réparatrice de sommeil.
Enfin, ça, c’est que je croyais ahah!
La nuit de lundi à mardi: “est-ce que je fais une connerie?”
Cette nuit-là fut l’une des plus pourries de ma vie, ou en tout cas dans le top 10.
J’ai tellement mal dormi, alternant en mode “freeze” (le fameux “fais le mort” entre les 3 options “fight, flight or freeze”, l’avantage c’est que j’étais au lit donc feindre de ne pas bouger les yeux fermés, ça aide)…
Mais bon, mon cerveau savait que j’allais appeler ma boss pour lui annoncer une information irréversible. En tout cas c’est ce qu’il me faisait ressentir, parce que dans la réalité, tu peux toujours revenir en arrière ou au moins en parler, tant que ta lettre n’est pas envoyée…
Toutes les peurs latentes de mes proches au sujet de la perte d’un emploi se retrouvaient bombardées sur ma propre situation. Je pensais notamment à certaines connaissances qui galéraient à retrouver un job depuis des mois… Et moi je quittais volontairement.
Ça tourne pas rond là-haut? T’es dingue MP ou bien?
— Le diablotin bleu sur mon épaule
À chaque fois, j’essayais de rationaliser (en tentant de ne pas me retourner 200x pour ne pas réveiller Mme MP qui dormait à poings fermés de son côté). Je me disais que moi c’était pas pareil que tel ami au chômage, que j’avais chiffré tout ça des dizaines de fois sur FI Planner et des tableurs Excel. Et que bon, au pire, je pourrais retrouver un job.
“Ah bon? Tu te crois plus intelligent que tes proches? Le marché de l’emploi est tendu en ce moment tu sais?” me rétorquait mon cerveau…
Et deux millisecondes plus tard, l’un des deux diablotins (j’ai perdu le fil de qui est qui à cette heure de la nuit) commençait à lister les enseignes devant lesquelles j’étais passé cette semaine-là, et où j’avais vu des affiches d’emploi: la Migros, la Coop, Pouly. Et sinon, pourquoi pas soudeur (vu à l’agence de recrutement, et j’ai entendu au 19h30 que c’est très recherché ces temps!).
Et d’un coup, un éclair de lucidité: “Mais du coup, le vrai risque, c’est pas de sauter le pas. C’est de ne jamais le faire plutôt, non?”
Et surtout: “Hey, sérieux, je peux et vais être VRAIMENT FI, j’ai quasi CHF 2'600'000 de fortune nette. C’est le moment d’être courageux, on fonce!”
Ça m’a calmé au point de dormir 1-2h, puis de me re-réveiller et me poser encore et toujours les mêmes questions.
Autant te dire que quand le réveil a sonné à 6h le mardi matin, ça a piqué…
Surtout qu’il me restait LA chose à faire la plus critique de cette phase: appeler ma boss, et lui annoncer la nouvelle à haute voix (pas juste dans ma tête haha)…
Mardi, 9h15: je clique sur “Rejoindre une réunion”…
Par hasard du calendrier, ma boss n’était pas au bureau ce jour-là, mais elle pouvait me parler en visio.
Je dois te dire que ça m’a un peu aidé de pouvoir parler par écran interposé plutôt que face à face.
9h10… 9h11… mon cœur qui s’accélère… 9h12… les mains moites, et je commence à passer en mode pilote automatique en répétant ce que je veux dire, dans quel ordre, etc… 9h13… 9h14… arghhh rien que de relire ça, mon cœur recommence à battre vite comme si je revivais la scène (alors que c’est derrière moi!)
9h15. Ça y est. Je clique sur “Rejoindre une réunion” sur mon Teams…
J’ai un blanc des 2-3 premières minutes (qui m’ont paru une éternité) où on est passé du “salut comment ça va” à mon explication que j’allais donner ma démission. On en discute, ouvertement. Tout s’est très bien passé. Je n’avais pas tant de doutes pour ça, mais c’était plutôt envers moi-même que je stressais de rendre tout ça concret. De m’entendre dire que je démissionnais…
9h35, on raccroche (c’était “juste” l’annonce, et la paperasse administrative et tout ce qui s’ensuit, j’allais le voir avec les RH plus tard).
Et là, un énorme sourire se dessine sur mes lèvres. Une envie de le crier au monde entier aussi! Mais je me dis que je vais noter tous ces sentiments dans un coin de mes brouillons du blog pour cet article que tu lis en ce moment.
Et toutes les peurs de la nuit précédente semblent évaporées. Littéralement. C’est dingue. Tu passes à l’action, et paf, comme d’habitude (je le sais pour avoir vécu d’autres situations stressantes similaires), tout s’éclaircit. Quelle machine de fou (au sens positif comme négatif) ce cerveau humain!
Le mardi soir, je passe un souper au top, et je suis présent à 100%. J’ai une grosse banane sur le visage durant ma douche. J’essaie de réaliser. Et puis je m’endors comme un bébé, apaisé, en me réjouissant du lendemain pour commencer les annonces aux collègues de mon équipe!
Du mercredi au vendredi: chaque annonce enlève une couche de peur
Alors que je m’en vais au bureau avec mon train habituel, je me refais la conversation avec ma boss. Dont tous les trucs positifs qu’elle m’a dits, et le fait qu’elle allait me regretter…
Ça m’a fait du bien, à mon ego. Forcément, tu réalises que tu comptes. Et que même si tu sais qu’elle le pensait, bah là, c’est verbalisé. Et ça fait plaisir.
En arrivant au bureau, je réalise que j’ai une équipe vraiment cool au job, et je sais que ça ne se trouve pas facilement par expérience chez mes précédents employeurs… du coup, j’ai eu un petit moment de mou qui a calmé mon excitation… parce que c’est d’autant plus dur de quitter un tel job sans se demander si on fait pas une bêtise…
Et puis je repense à mon rêve FI. Et à tous ces moments pas roses au job auxquels je n’aurais plus à faire face. Et je suis reboosté!
Du coup, j’harponne chacun des collègues à qui je veux l’annoncer, en personne, à la cafét’, avant de mettre un message sur notre groupe WhatsApp.
T’as 5 minutes pour un café en salle de conférence maintenant?
Le truc pas louche du tout tu sais ahah! Mais bon, sur le ton que je le dis, ils savent que c’est pas pour leur faire un reproche lié au job. Mais ils sont en mode “Hmmmm… c’est quoi c’t’histoire, tu veux m’annoncer quoi?”
J’y vais pas par quatre chemins parce que j’ai moi-même horreur du suspense ou quand quelqu’un tourne autour du pot.
Et à chaque fois c’est la même chose à quelques variantes près: de la déception et tristesse (pour moi aussi d’ailleurs), puis ils me disent le bien qu’ils pensent de moi (donc c’est bizarre car je suis triste mais heureux d’entendre ces mots positifs à mon sujet…). Et puis viennent les “Ah mais t’inquiète pas, t’en as pas fini avec moi, on reste en contact et on continuera à se voir en dehors comme on faisait déjà”.
Mon côté analytique y voit tout de suite une peur du rejet du groupe. Mais sur le coup, peu importe ce que je sais de tout ça, j’ai besoin de le vivre. De le dire. De l’entendre.
D’ailleurs, un des trucs qui me rassure encore plus, c’est justement d’entendre:
Bon, et quoi qu’il arrive, tu peux toujours revenir travailler ici!
Tout ça continue le jeudi et le vendredi.
Et à tout moment entre deux séances ou en fin de journée, mon cerveau, en mode détecteur de menaces, me sort: “Mais, c’est vraiment si simple? Est-ce que j’ai bien tout calculé? Parce que, oui, j’ai confiance en FI Planner, mais les données que j’ai saisies, j’ai rien oublié?”
J’ai donc revérifié nos données financières le jeudi soir en rentrant. Et oui j’avais bien tout saisi. Et non, je n’avais rien oublié. Les dépenses annuelles sont justes. Notre cash est juste. Nos investissements en bourse sont justes. Tout est juste.
Le détecteur se calme. Jusqu’à la prochaine fois ahah. Mais je sens que les craintes s’apaisent au fur et à mesure que j’en parle aux gens, et que ça devient tangible.
Et, bien que j’aie écrit tous mes ressentis dans un journal pour ne pas perdre une miette de cette transition afin de pouvoir te la retranscrire ici, je ressens au fond de moi une envie de crier ma joie d’être FI qui se fait de plus en plus forte…
Dimanche: crier dans la forêt
Le dimanche qui suit, j’en profite pour aller me dégourdir les jambes entre deux averses. Il fait frais, mais après toutes ces canicules, ça fait du bien de ressentir le froid sur la peau.
Direction la forêt.
Et là, je me prends à regarder au loin derrière moi, puis devant moi, et à droite et à gauche. Personne aux alentours.
Et ça sort: “Yeahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!”
À m’en faire mal aux cordes vocales tellement je ne m’étais pas “chauffé” la voix plus que ça.
Et de continuer: “Yes, yes, yeeeeeeeees! Nom de %&@^ j’y crois pas, ça y est! YEEEEES!”
C’est incroyable comme ça m’a fait du bien. J’étais tellement apaisé sur le chemin du retour. Une zénitude et une sérénité de fou. Vraiment.
En approchant de notre quartier, je sentais ce sourire béat sur mon visage. Et je repensais à ces doutes de “Mais est-ce que j’ai bien tout compté?!”, et je me rappelais à moi-même la vérification de mes chiffres du jeudi, et le doute a disparu aussitôt, le sourire béat devenant encore plus grand.
Je me suis fait un bon café en rentrant. En attendant qu’il finisse de couler, je pensais au lendemain entre 5h et 7h du matin (avant de commencer ma journée de boulot) où j’allais écrire ma lettre de démission (ça me fait encore bizarre et “peur” d’écrire ce mot en tapant ces lignes ahah!), et j’étais heureux.
Mais ma zénitude résultant du cri dans la forêt était tellement agréable, que je me suis dit:
Et si je profitais de ce moment de calme intérieur sans (presque) aucun doute pour l’écrire, cette lettre de démission?
Je me suis donc assis devant mon ordinateur. J’ai ouvert mon traitement de texte, et j’ai commencé à la rédiger…

Moi en train d'écrire ma lettre de démission un dimanche soir avec un petit sourire, et surtout une goutte de sueur quand même...
En écrivant ce dernier paragraphe, je réalise que je n’ai jamais trop imaginé ce moment-là auparavant quand je pensais au jour J où je serais FI. Je visualisais plus ce que je ferais par la suite, mais pas le moment “fatidique”.
Bon, au final, ça n’a pris que quelques paragraphes. Et le sentiment fut d’ailleurs bizarre, en mode: “Vraiment, c’est tout? Hey ChatGPT, j’oublie rien de dire? Parce que bon, je démissionne oui, mais hé je suis FI aussi! Ah, bah non, rien de plus… bon ben, OK :D”
Aparté sorti de mon journal de ce jour-là, où j’ai noté littéralement:
C’est marrant comme le mot ‘démission’ ne me fait plus flipper comparé à y’a sept jours.
Le mardi suivant: remettre la lettre, sans trembler
Ma lettre de démission était donc prête, avec la date du 31 janvier 2027, écrite noir sur blanc.
Et oui, j’allais tenir le titre de mon livre, avec plusieurs mois d’avance sur mes 40 ans en prime.
Mais quand même, c’est dingue de se dire que t’as planté un objectif de vie en 2013, et que là, bah, comme tu l’as planifié, ça y est, tu quittes ton job. Et tu n’en reprendras jamais. Car t’es FI. Je suis FI!
Et la date butoir du mardi arrive (je ne voulais pas faire ça pile le dernier jour du mois qui tombait un samedi).
Bien que je l’ai annoncé de vive voix, c’était la deuxième fois (après l’écriture de la lettre en elle-même) où j’écrivais ce que j’allais faire dans mon email: démissionner.
En temps normal c’est OK, tu changes de job, donc tu démissionnes, et puis tu vas dans ton nouveau job. Mais ce que personne ne sait/savait à mon job, c’est que je démissionnais pour devenir… FI!
5 minutes plus tard, mon brouillon d’email est prêt. Je mets ma lettre de démission en pièce jointe. Je me relis. OK, ça a l’air en ordre. Et bon, au pire c’est un email interne hein, c’est pas ma déclaration d’impôts. Et je clique donc sur… “Envoyer”.
Je me revois encore lire le message de confirmation “Message envoyé.”, lever les mains de mon clavier pour les mettre sur les accoudoirs de ma chaise de bureau, et pousser ma chaise avec mes pieds… comme pour prendre du recul physiquement avec ce qui vient de se passer.
Et de nouveau, ce sourire béat.
En rentrant du job, après avoir remis officiellement ma démission, j’ai ressenti sur le chemin du retour un sentiment de “renaissance” comme je l’ai écrit dans mon journal:
Bref, là, c’est comme une renaissance comme j’ai vécu plusieurs fois durant ma carrière, à chaque fois que j’ai changé de société. Ça fait du bien!
Et ma routine d’auto-coaching IA de me répondre:
Et le mot que tu utilises — renaissance — c’est pas anodin. Sauf que les autres fois, tu renaissais à l’intérieur du même système [de salariat]. Cette fois, tu crées le système [de FI].
Amen :D
Et maintenant, bah, il ne me reste plus qu’à attendre 3 mois… Enfin, attendre, pas vraiment. Je vais publier plus souvent sous la catégorie “Journal” ces prochaines semaines je pense, car je suis excité! Si tu veux recevoir la suite à sa sortie, la newsletter est juste en dessous (ou en haut à droite) ;)
Conclusion: le pire moment, c’est entre la décision et le premier mot
Si je ne devais retenir qu’une seule chose de toute cette semaine et demie, c’est que chaque action (la décision, puis les annonces) a enlevé une couche de peur.
Par contre, faut pas que ce soit illusoire, genre t’as vite fait deux additions sur un coin de serviette un soir au resto, et tu claques la porte de ton job. Parce que là, tu risques de te retrouver en attaque de panique au milieu de la nuit!
Donc, les chiffres validés d’abord (placement publicitaire assumé ahah, FI Planner est là pour ça), et la décision ensuite. Et si tu veux comprendre le calcul derrière, c’est dans Calculer son indépendance financière en Suisse.
Et quand le cerveau repart en boucle à 3h du matin, ce qui a marché pour moi tient en trois gestes:
- Revérifier les chiffres une fois (pas dix)
- Le dire à voix haute à une personne (pour rendre ça réel et concret)
- Agir rapidement (pour ne pas ruminer les mêmes questions trop longtemps pour rien, car cette attente est une douleur qu’on s’impose soi-même)
Mais du coup, ça a renforcé encore plus mon muscle de passer à l’action dès que je suis en mode “doute” ou bien avec mon cerveau qui “repart dans tous les sens”.
Essaie, et tu verras, ça devient addictif.
Et toi, si tes chiffres te disent que t’es FI, qu’est-ce qui te retient encore?
PS: si tu te demandes pourquoi je parle de FI dorénavant et moins de FIRE, je l’ai expliqué dans cet article: Réflexions tirées de mon interview avec JL Collins.
PS bis: sérieux j’arrive pas à y croire, je suis FI, t’imagines?!? Attends, je me pince (aïe!) pour voir si je rêve pas. Ah ben non ahah! C’est tellement cool!!! Et ça me fait trop plaisir de partager cet article avec toi.







Dernière mise à jour: 29 octobre 2026