CHF 25 millions de fortune nette (partie 1/4) (Ton histoire #5)

Dernière mise à jour: March 16, 2022

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L’humain est une machine à copier. Donc plutôt que de chercher à contrer ce postulat, mieux vaut s’en servir comme une opportunité.

C’est pourquoi je me suis dit qu’il fallait que je te partage le boost d’inspiration qu’est l’histoire de Pasquale.

“Mais c’est qui ce Pasquale?”, t’entends-je demander, toi qui tu viens d’arriver sur ce blog.

Pasquale, c’est la fameuse personne dont j’ai parlé à ceux.celles qui sont inscrit.e.s à ma newsletter. Il a 49 ans, et a accumulé CHF 25 millions de fortune nette.
Je l’ai rencontré dans la vraie vie; il est monstre chill, et il aime partager son histoire si ça peut aider d’autres à en tirer des leçons de vie, et aussi à éviter ses erreurs.

Prêt.e?

L’interview de Pasquale, ce multimillionaire suisse

MP: Hello Pasquale. On arrive enfin à trouver le temps de faire cette interview. Je te remercie de m’accueillir chez toi pour qu’on soit libre de parler chiffres, sans s’inquiéter de la table d’à côté!
Pasquale: Avec grand plaisir Monsieur MP. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, mais allons-y :)

MP: Ce que j’ai appris en analysant la carrière d’autres personnes, c’est qu’on voit tous notre vie d’un point de vue trop subjectif, trop biaisé. Du coup, je te demanderai de nous décrire ta vie depuis ta naissance jusqu’à aujourd’hui de manière objective et journalistique. Sans essayer d’en tirer quelconque conclusion ou postulat. Après ça, je te poserai des questions plus précises où là, tu pourras être autant subjectif que tu souhaites. Ça joue pour toi?

Son histoire, de sa naissance à ses 49 ans

De 0 à 10 ans
Pasquale: OK, alors, voyons voir… je suis donc fils d’immigré. Je suis né dans une commune de l’Est lausannois.

À l’âge de 4 ans, ma famille et moi sommes rentrés dans le sud de l’Italie. La mère de mon père était malade, et ce dernier lui avait toujours promis d’être auprès d’elle pour la fin de ses jours…

Mon père étant maçon, il a donc lancé son entreprise sur place lorsque nous sommes arrivés.

De mon côté, de 4 à 10 ans, j’ai vécu les plus belles années de ma vie en tant qu’enfant grâce à la liberté que les villages du Sud te procurent.

Néanmoins, d’un point de vue purement économique, ces années étaient dures dans le sud de l’Italie. Mon père avait du mal à se faire payer ses travaux de maçonnerie. C’était un gentil gars… Je me rappelle de sa souffrance de ne pas arriver à tirer suffisamment parti de son entreprise, alors que c’était un sacré bosseur… En l’observant, je me disais que je ne voulais pas devenir comme lui. Je me disais: “Pasquale, quand tu seras grand, tu ne feras pas confiance aveuglément aux gens.”

Si y’a bien un truc que je retiens de ma période de 0 à 10 ans, c’est que j’ai appris à reconnaître les connards!

Voir mon père trimer et ne pas être payé m’a appris à reconnaître les connards!

Ça ne veut pas dire que je ne fais confiance à personne, attention. Car je trouve que je suis foncièrement un “bon type”, c’est juste que j’ai grandi en affûtant mon détecteur d’ondes négatives ;)

De son côté, ma mère était femme au foyer. Elle a pu nous éduquer (à mon avis) de la meilleure manière possible, moi et ma soeur, sans aucune pression de résultats scolaires ou autre. Avec toute cette famille m’entourant, j’ai reçu tout l’amour dont un enfant peut rêver, et j’en suis très reconnaissant encore aujourd’hui.

Une plage dans le sud de l'Italie

Une plage dans le sud de l'Italie

De 10 à 20 ans
Après 6 ans de galère avec sa propre entreprise de maçonnerie en Italie, nous sommes revenus en Suisse, car la situation économique devenait trop dure.

J’ai développé ma passion pour le foot durant ces années. Si bien que je voulais en faire carrière. Mon rêve se réalisa lorsqu’un club professionnel suisse me proposa un premier contrat de stagiaire! Mais, avec le sérieux qui me caractérisait, je me suis renseigné auprès d’un copain qui lui avait déjà commencé son stage… c’est là que j’ai appris qu’il gagnait moins qu’un apprenti en maçonnerie…

Ma mère avait vu mon père tellement trimé en tant que maçon… elle ne voulait pas que je suive cette carrière. Mais elle ne m’en a pas empêché. Mais pour moi, c’était soi le football, soit la maçonnerie pour pouvoir bosser avec mon père. La raison m’a poussé vers ce métier manuel. Au fur et à mesure de mon apprentissage, j’ai aimé de plus en plus ce job. Mais c’était dur.

J’avais rejoint la même entreprise que celle où mon père bossait en tant qu’employé. On bossait comme des dingues. Et alors que la crise immobilière battait son plein en Suisse au début des années 1990, mon père et moi avions pris le risque de construire notre propre maison. Les taux hypothécaires sont montés jusqu’à 7.75% à l’époque, c’était fou! Mais on a travaillé et travaillé, tous les samedis et les dimanches, et on a pu conserver notre maison. C’était une époque pas facile, mais ça m’a forgé.

De 20 à 30 ans
Après m’être fait la main et avoir appris le métier de maçon, j’ai décidé de faire l’école de contremaître maçon. J’ai obtenu avec succès mon brevet fédéral de contremaître maçon à l’âge de 24 ans (note MP: pour ceux qui ne sont pas du domaine, un contremaître est comme un chef de chantier qui gère et supervise un chantier de construction de A à Z).

Ensuite, c’est là qu’un premier élément déclencheur de ma future fortune est apparu. La vie a fait que je me suis retrouvé hiérarchiquement sous le fils de mon employeur. À part le pouvoir conféré par son titre, ce gars-là n’était pas compétent dans son domaine. Un jour, on s’est engueulé fortement par rapport à un projet.

Je suis rentré chez moi le soir (j’habitais encore chez mes parents), et je me souviens avoir dit à mon père: “Si ce con peut être entrepreneur et gérer une boîte, alors nous aussi on peut!”

Mon père avait alors 48 ans à l’époque, et moi j’avais passé les 25 ans.

Quelques mois après cette engueulade, on a démissionné les deux, et on a monté notre boîte de maçonnerie ensemble!

Apprentissage du travail de maçon en commençant par les bases

Apprentissage du travail de maçon en commençant par les bases

On ne comptait pas nos heures. On travaillait environ 14-18h par jour, inclus le samedi et dimanche. J’avais la chance que ma femme comprenne ce côté “bosseur” et me soutienne avec ce rythme. Mais au fur et à mesure du temps, de mes expériences, et de mes rencontres professionnelles, j’ai compris que ce n’était pas en travaillant comme un fou de tes mains que tu te pouvais faire fortune.

Néanmoins, c’est grâce au seul travail de mes mains qu’à 28 ans (dans les années 2000 donc) que j’ai pu acheter mon premier terrain, où on y a construit nos dépôts de maçonnerie. Et ça, sans avoir à demander quelconque prêt à la banque — car les banques ne te prêtent pas quand t’es maçon indépendant avec “juste” tes revenus…

De 30 à 40 ans
J’ai ensuite accumulé d’autres fonds propres grâce, d’une part, aux prestations de mon entreprise et, d’autre part, aux économies que je faisais sur certains mandataires, car je gérais les chantiers moi-même. Car oui, les banques reconnaissaient ces heures de mandataires (direction de travaux) comme apport de fonds propres. C’est ce qui m’a permis de construire deux maisons. Une pour y vivre avec ma famille (i.e. mes enfants et moi), et une autre que j’ai louée.

La machine à rendements passifs et récurrents était lancée.

J’ai aussi repris les parts de mon père dans notre entreprise de maçonnerie. Ça l’arrangeait, car il approchait de la retraite, et ça lui a aussi permis une fin de carrière plus sereine. Et moi ça m’arrangeait d’être le propriétaire, niveau nom et réputation pour le relationnel avec mes clients.

C’est à mes 35 ans que le réel élément déclencheur de ma fortune est arrivé…

De par mon métier, je baignais dans l’immobilier jour et nuit. Avec mon père, nous avons construit notre propre entrepôt de maçonnerie, et ensuite, j’ai construit mes deux maisons.

À l’aube de mes 35 ans en 2007, un copain architecte (le même qui nous avait encouragé et fait confiance lorsqu’on s’est mis à notre compte) m’a proposé de rejoindre un consortium de 4 entrepreneurs pour construire deux immeubles dans l’Est Vaudois.

Lorsqu’une opportunité se présente, et qu’elle est intéressante, j’ai tendance à y aller à fond. J’ai donc accepté la proposition de consortium de mon ami, à une condition/proposition: qu’on se lance uniquement à 2 entrepreneurs. Lui et moi. Et non pas à quatre.

Il a accepté.

Tout le monde autour de nous nous disait qu’on était fous de construire dans une région si “reculée” de Suisse romande, que ça ne se louerait jamais, etc.

Mais on était confiant, on avait fait nos recherches et analyses du marché local. On a trouvé un banquier pour nous suivre.

On n’a pas porté attention aux médisants parce qu’on savait ce qu’on faisait. On a construit les deux immeubles. Et on a tout loué en seulement quelques semaines.

En plus, mon copain architecte avait 15 ans de plus que moi, donc je voulais tirer parti de cette opportunité pour apprendre un maximum de son expérience. C’était un mentor en quelque sorte, voire un grand frère (nous sommes encore très amis aujourd’hui).

Ce fut l’élément déclencher qui m’a fait changé d’état d’esprit concernant ma fortune. Travailler comme un dingue, c’est bien. Ça t’apprend la réalité du terrain. Mais une fois que t’as compris ça, alors le passage à l’effet de levier des hypothèques est le prochain cap.

La machine était lancée. Depuis ce premier projet immobilier de rendement en Suisse, on a pu hypothéquer et réhypothéquer. C’est le premier million quin te fait décoller. Ensuite, les banques sont d’accord de te suivre, car tu peux mettre tes immeubles en garantie. D’ailleurs, toutes mes hypothèques sont liées à mes immeubles, et rien n’est lié à mon entreprise afin de ne pas la mettre en danger.

C’est le premier million qui te fait décoller. Après, ça devient facile [avec les banques].

De 40 à aujourd’hui (i.e. 49 ans)
Entre la fin de ma trentaine et jusqu’à mes 45 ans, j’étais à fond dans mon entreprise en tant qu’administrateur/directeur.
Et en parallèle, j’ai continué de construire des immeubles avec un effet boule de neige sur mes rendements locatifs mensuels.

Si ça ne tenait qu’à moi aujourd’hui, je ne ferais plus que de la promotion immobilière. Et plus de chantiers. Mais mes employés sont un peu comme ma famille, et je ne peux pas m’imaginer fermer la boîte. Donc je la garde.

Par contre, depuis 5 ans, je suis beaucoup plus passif dans ma société. Je m’occupe principalement des mes immeubles à titre privé, et d’amener mon côté relationnel et business à ma société au niveau du contact avec nos clients. Et je recentre notre métier sur des projets où on fait la promotion globale des biens, car c’est là où il y a encore possibilité de faire de la marge.


En pensant à tout ce qu’on vient de discuter, la seule chose que je voudrais mettre en exergue c’est que oui, j’ai une fortune théorique d’environ 25 millions de CHF aujourd’hui, et que oui, je brasse du cash qui fait certainement rêver. Mais tout ce cash, à la base, il vient de mes mains de maçon. C’est pas arrivé du jour au lendemain sur un plateau.


MP: Wow, quel parcours de vie!! J’aurais quelques enseignements à tirer de toute cette histoire, mais je les détaillerai en fin d’article. En attendant, passons aux questions des lecteurs.rices., que j’ai groupées par thème.

Carrière professionnelle

‌MP: “Quelle est ta profession et penses-tu qu’actuellement, si quelqu’un entre dans la même profession, il sera capable d’avoir la même fortune que toi à ton âge?”
Pasquale: Avec le recul que j’ai, être maçon et/ou administrateur est très difficile, pour trois raisons:

  1. Faut avoir énormément faim. Et de ce que je constate dans la jeunesse d’aujourd’hui c’est qu’elle valorise plus le bien-être. Je ne juge pas car ils ont peut-être raison, c’est une autre époque. Mais ce bien-être à de nombreux niveaux t’enlève la faim. Je pense que sur 100 personnes, y’en 1 qui peut faire ce parcours
  2. Comme dans le foot, tu dois te priver de beaucoup de chose pour pouvoir obtenir certains résultats. Ou devrais-je dire tu dois prioriser drastiquement tes choix de vie. Mais de nos jours, les gens ne veulent plus prioriser des choses pour un travail. J’ai le sentiment que la société a changé à cet égard.
  3. La troisième raison de pourquoi c’est aussi plus dur qu’avant, c’est que le système bancaire s’est péjoré. Les banquiers sont plus frileux de suivre certains projets ou personnes, car ils sont de plus en plus fliqués
Petit village dans l'est vaudois, là où Pasquale a expérimenté pour la première fois (et pas la dernière!) l'effet de levier dans l'immobilier en Suisse

Petit village dans l'est vaudois, là où Pasquale a expérimenté pour la première fois (et pas la dernière!) l'effet de levier dans l'immobilier en Suisse

MP: “Connaître le français et/ou l’allemand fut clé dans ta réussite, ou bien?”
Pasquale: La langue n’a pas joué, non.
Par contre, ce qui a joué un rôle clé à ce niveau fut mes compétences en communication et en relations humaines. C’est beaucoup plus important dans mon métier que les langues que tu parles.
D’un point de vue plus personnel, l’anglais me manque socialement, car pour moi c’est un signe “d’ignorance”. C’est ce sur quoi j’aimerais travailler un jour.

MP: “À quel moment as-tu décidé d’arrêter de travailler pour une entreprise (alors qu’avant, tu avais besoin d’un salaire garanti)?”
Pasquale: C’est la vie qui m’a fait suivre ce chemin via un conflit avec le fils de mon patron de l’époque. C’était une personne qui voulait être chef, mais n’en avait pas les compétences. Il avait été forcé par son père à reprendre l’entreprise familiale… sans le bon état d’esprit entrepreneurial qui va avec. Le clash avec cette personne a fait que j’ai lancé mon entreprise.

Business

MP: “As-tu pu faire fortune entièrement en Suisse, ou as-tu également dû compter sur le commerce/clientèle à l’international?”
Pasquale: Uniquement et entièrement en Suisse oui. Et uniquement via le bras de levier de l’immobilier.

MP: “As-tu lancé ton entreprise avec l’intention de la faire croître jusqu’à atteindre plusieurs millions de francs suisses?”
Pasquale: Pas du tout! Je n’avais pas d’objectif spécifique. J’ai tout fait au fur et à mesure du temps et des opportunités. L’argent n’a jamais été mon but premier. J’aimais construire des trucs, et laisser une trace. Je ne me suis jamais dit: “Mon objectif dorénavant est de faire un maximum d’argent!”

Enfin, si j’y repense, j’avais quand même un objectif dans mon subconscient. Je recherchais l’indépendance pour cette liberté qu’elle t’apporte. C’est ce que je répète à mes enfants depuis leur plus jeune âge: “La vraie richesse, c’est la liberté!”

La vraie richesse, c’est la liberté!

MP: “As-tu rencontré de nombreux obstacles pour faire des affaires en Suisse? Si oui, lesquels? Lequel fut LE plus important, et comment l’as-tu surmonté?”
Pasquale: Hmmm, bonne question. Je dirais que le plus dur fut d’être fils d’immigré italien, mais c’était peut-être aussi ma force. Beaucoup de vieux vaudois “de souche” se tardaient de pouvoir rigoler que je me plante. J’ai surmonté ça en bossant dur et en étant plus sérieux que les autres.

Contenu de la partie 2/4

Dans la prochaine partie, on va aborder le style de vie et les investissements de Pasquale.


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